The Girl from Monday de Hal Hartley

(inédit en France).
Format 16:9. Version originale sous-titrée. Durée : 84 mn.
Un film avec Bill Sage, Sabrina Lloyd, Tatiana Abracos, Leo Fitzpatrick

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Pourquoi choisir d’éditer ce film en DVD ?
Huit ans après sa sortie, alors même qu’il n’a pas été distribué en France ? Que personne ne l’a vu ou presque ? Précisément pour cette raison : The Girl from Monday est à mon sens le film qui interroge le plus radicalement notre vie au quotidien, dans le fond autant que dans la forme. Et il a disparu, ou plutôt est “désapparu”, pour cette raison précise et aucune autre […]

Une fille venue de l’espace tombe dans l’océan. Être venu d’une lointaine constellation nommée Monday, elle prend la forme d’une belle jeune femme afin de partir à la recherche d’un ami, arrivé des années plus tôt. Elle le soupçonne d’avoir des ennuis et, peut-être, d’être pris au piège dans le corps qu’il a adopté. Là d’où elle vient, en effet, les êtres n’ont pas de corps…

Mais le monde dans lequel elle vient de tomber est en plein bouleversement…

En effet, immédiatement après la “Grande Révolution”, la ville-état de New York a été libérée par Triple M, le Major Multimedia Monopoly, qui y a instauré la “Dictature du Consommateur”, assurant par-là aux citoyens un choix plus grand, l’autonomie personnelle, la réforme humanitaire et le progrès technologique.

Jack Bell travaille pour l’agence de pub qui a propulsé Triple M au pouvoir et se trouve être celui-là même qui a suggéré les fondements de sa politique avec la “Loi sur la Valeur Humaine”. Tout un chacun est désormais une valeur boursière qui s’échange sur le marché : pour chaque rapport sexuel qui n’aboutit pas à une union, la valeur des participants se trouve augmentée en accord avec l’état du marché.

Hartley DVD bande annonce

  • Horrifié par la déshumanisation qui s’ensuit, Jack est également le leader de la Contre-Révolution, dont les partisans perpètrent chaque jour des actes plus audacieux contre l’empire : faire l’amour juste parce que cela fait du bien, interrompre l’émission des journaux télévisés tenus par l’état-entreprise, distribuer des copies de Walden – ouvrage désormais interdit –, et, de manière générale, nuire au système en place.

    Mais chaque mesure que prend Jack contre le régime semble mettre en danger un de ses amis : Cecile, la jolie jeune cadre avec qui il travaille, William, un adolescent séducteur et hyperactif qui est également le meilleur agent de Jack, ou encore Doc, son confident et informateur à l’Hôpital.

    La fille venue de Monday se terre dans l’appartement de Jack, apprenant peu à peu à utiliser ce corps si nouveau. Jack et Doc ont déjà fait cette expérience. Ils savent que si elle reste trop longtemps et se fait des amis, elle sera prise au piège dans ce corps terrestre et qu’elle ne pourra plus jamais retourner dans son monde, l’étoile 147X de la constellation Monday.

    Inévitablement surviennent des actes de bonté, des sacrifices, les êtres s’attachent et notre devoir les uns envers les autres perdure. À la fois tragique, drôle et très beau, The Girl From Monday est un faux film de science-fiction qui parle de la vie telle que nous la menons aujourd’hui.

    On découvre en France Hal Hartley avec son deuxième film Trust me (Trust), en 1992. L’enthousiasme de la critique et du public, charmés par son style décalé, entraîne la distribution de son premier long-métrage et de plusieurs courts et moyens métrages (Theory of Achievement, Ambition, Surviving Desire), de façon groupée, tandis que le long-métrage suivant, Simple Men, entre directement dans la compétition officielle du Festival de Cannes. Hal Hartley est immédiatement consacré comme un des meilleurs jeunes auteurs américains. Isabelle Huppert lui témoigne l’envie de travailler avec lui et ils tournent ensemble Amateur (1994).